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[Sport] Une carrière à fond de train : portrait d'une championne

Mercredi 25 octobre 2023

Ne parlez pas de course de fond à Odiah Sidibé, cela n’a jamais été sa tasse de thé ! Championne du monde du relais 4 x 100 mètres en 2003, au Stade de France, Odiah ne compte pas moins de 41 sélections en équipe de France.

Aujourd’hui, à 53 ans, cette ancienne athlète de haut niveau, maman de deux filles de 16 et 13 ans, est agent pénitentiaire à la maison d’arrêt de Fresnes, au sein du Quartier de la prise en charge de la radicalisation spécialisé évaluation. Un nouveau métier qui la passionne !

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Coureuse d'athlétisme Odiah Sidibé

Comment se sont passés vos débuts dans le sport ?

Dès mon plus jeune âge, j’adorais courir vite et j’ai toujours voulu devenir une athlète de haut niveau. Un rêve de petite fille. J’avais un modèle : la sprinteuse jamaïcaine Merlene Ottey.

Après avoir pratiqué différents sports collectifs – volley-ball, hand-ball – je me suis lancée dans l’athlétisme à l’âge de 12 ans… pour pouvoir conserver des ongles longs ! On est tellement musclées, les ongles sont presque la seule marque de féminité qui nous reste ! J’ai été sélectionnée à plusieurs reprises aux épreuves de courses en relais 4 x 100 mètres. Mes longues jambes me permettent de mieux performer en départ lancé qu'aux starting-blocks.

Quels sont vos plus beaux souvenirs ?

Mes premières victoires comptent parmi mes meilleurs souvenirs : j’ai été double championne d’Europe junior sur 100 mètres, puis j’ai remporté le titre de championne d’Europe sur le relais 4 x 100 mètres. Il y a aussi, bien sûr, tous mes titres de championne de France.

Je suis d’ailleurs toujours détentrice du record de France sur 100 mètres des moins de 20 ans, en 11 secondes 23 centièmes. Et en 2003, la délégation française m’a désignée capitaine de l’équipe de France, un honneur et une marque de confiance.

Comment s'est passée la reconversion ?

J’ai eu mes filles, puis j’ai repris les études et décroché mes diplômes de coach sportif. J’ai ensuite ouvert une salle de sport dans le Val-de-Marne, mais avec le Covid-19, tout a fermé. Le seul endroit où l’on pouvait encore faire du sport, c’était en prison ! Je suis devenue moniteur de sport à Fleury-Mérogis, puis à la prison de la Santé à Paris.

Cela n’a pas été simple au début, j’ai commencé avec des détenus hommes, mais je n’ai pas baissé les bras. J’ai ensuite passé le concours d’agent pénitentiaire à l’âge de 49 ans.

Qu'est-ce qui vous fait vibrer aujourd'hui ?

Mon métier ! On connaît peu l’univers carcéral en général, et cela a été une belle découverte. Il faut de la rigueur, de la discipline et du respect… Cela fait beaucoup de points communs avec ce que j’ai connu dès l’âge de 12 ans.

1989 : double championne d'Europe (100m et 4x100m)

1992 - 1996 : 2 olympiades

2002 : Championne d'Europe (relais 4x100m)

2003 : Championne du monde (relais 4x100m)

41 sélections en équipe de France (dont capitanat)