Juliane a 28 ans, originaire de Montpellier, elle est éducatrice de la Protection Judiciaire de la Jeunesse et exerce en établissement fermé dans le Tarn. Dynamique et éprise de sensations fortes, Juliane trouve dans le sport un véritable espace de liberté.
En 2021, elle participe à moto au Trophée Rose des Sables, un rallye féminin et solidaire dans le désert marocain. Échanges avec cette sportive résolument positive !
Dépasser ses limites, c'est retrouver une forme de liberté : portrait d'une adhérente

Pourquoi avoir choisi de participer au rallye ? Et pourquoi le choix de la moto ?
Pendant longtemps, j’ai pratiqué l’équitation qui est assez similaire à la moto tout-terrain. Je pense que l’envie est venue de là. Aujourd’hui, je travaille avec des jeunes qui sont enfermés, c’est parfois lourd, aussi j’ai besoin de pratiquer un sport où je peux me sentir la plus libre possible.
J’aime aussi l’idée que je casse des clichés. Une femme motarde, ce n’est pas banal et ça fait réagir.
Je me suis engagée sur le rallye Rose des Sables pour l’aspect challenge solidaire, car au-delà du défi sportif, parcourir 800 km dans le désert marocain, il y a le soutien à différentes causes auxquelles je suis particulièrement sensible.
Comment conjuguez-vous votre vie sportive et votre métier ? Les deux sont-ils liés ?
Personnellement, le sport m'a toujours permis de me dépenser et de m'accrocher quand mes expériences professionnelles étaient difficiles. Quand je travaillais en foyer, j'utilisais le sport comme thérapie pour les jeunes.
Par exemple, le sport extrême est un excellent moyen de se responsabiliser, en effet on y apprend à assurer sa sécurité et celle des autres. Maintenant, je travaille avec des jeunes incarcérés, pour eux dépasser leurs limites dans le cadre d'un sport est un moyen de retrouver une forme de liberté.
Quel conseil donneriez-vous justement à une jeune femme qui voudrait débuter la moto ?

Je lui dirais de foncer, de se faire confiance ! Le fait de partager mon quotidien avec des jeunes dont la vie est déjà brisée me pousse à me dire et à partager autour de moi le fait qu’il n’est jamais trop tard.
J’aime l’idée de montrer aux autres que c’est possible. En tant que femme, il est encore plus intéressant de défendre notre cause et de faire avancer la mixité sur ce type de discipline.