Quels sont les premiers signes du déclin cognitif ?
Plus on avance en âge, plus les fonctions cognitives ont tendance à diminuer ce qui se manifeste par des oublis, des problèmes d’orientation et des difficultés à trouver ses mots. Quand s’inquiéter et qui consulter ? Les réponses d’un neurologue.
Selon la Haute Autorité de santé, le déclin cognitif « correspond à une altération d’une ou de plusieurs fonctions cognitives, quel que soit le mécanisme en cause, son origine ou sa réversibilité ». Cette diminution des fonctions intellectuelles peut être liée à l’âge.
« C’est l’oubli bénin qui peut survenir dès 60 ans : ces troubles concernent des événements récents comme le nom d’un acteur, un dîner entre amis et sont favorisés par le manque de concentration, de motivation et par le multitâche », explique le Dr Pascal Chaine, ancien chef de clinique, neurologue à l’hôpital Lariboisière et auteur de Faites-vous plaisir, votre cerveau vous le rendra ! (éd. Privat).
Ces problèmes peuvent s’accompagner d’une baisse de la flexibilité cérébrale qui est l’aptitude à changer d’avis, de stratégie et à être ouvert à la nouveauté et il faut s’en inquiéter dans certains cas. « Il faut consulter un médecin quand c’est l’entourage qui prend conscience de ces difficultés, qu’elles s’accentuent et quand les troubles de la mémoire ont un impact sur la vie quotidienne et sont associés à des troubles de l’orientation dans le temps et dans l’espace, à des troubles du langage oral et écrit et à des troubles praxiques avec des difficultés à effectuer des gestes précis ou à utiliser un appareil comme allumer la radio », confie le neurologue.
Prévention : l'importance de l'alimentation et des liens sociaux
En présence de tels troubles répétitifs, le médecin généraliste est le premier interlocuteur. Il peut proposer un bilan global puis orienter, si les symptômes sont confirmés, vers un neurologue ou un neuropsychologue.
« Le diagnostic des troubles neurocognitifs légers repose sur un examen complet effectué par un neuropsychologue et un IRM », indique le spécialiste. Peuvent aussi être réalisés un examen neurologique, une ponction lombaire pour rechercher les marqueurs spécifiques de la maladie d’Alzheimer et un bilan biologique. Quand il est léger, ce déclin cognitif peut être ralenti et même corrigé à tout âge.
« L’alimentation joue un rôle primordial pour entretenir le cerveau. Pour le préserver, il faut avant tout limiter la consommation de graisses saturées qui sont associées à une augmentation du risque de déclin. À l’inverse, la consommation de champignons et de petits poissons gras aurait des effets bénéfiques sur la mémoire et les capacités cognitives », note le Dr Chaine. Il conseille une alimentation de type méditerranéenne et insiste sur l’importance de surveiller son taux de cholestérol et d’équilibrer le diabète.
« L’état d’esprit est aussi très important », précise le Dr Chaine qui rappelle que le maintien des liens sociaux, amoureux et amicaux est essentiel. L’activité physique est également la meilleure alliée de la mémoire. Elle favorise l’oxygénation du cerveau, stimule la croissance des vaisseaux cérébraux, la formation de nouveaux neurones et de nouvelles connexions. En outre, elle préserve du stress en jouant le rôle de soupape de sécurité. Le vieillissement du cerveau n’est donc pas une fatalité. Mais un effort régulier est nécessaire. Ateliers mémoire, programme d’entraînement cérébral, cahiers d’exercices, calcul mental, mots croisés, jeux de société ou de cartes, certains jeux vidéo : les activités pour renforcer ses facultés cognitives sont nombreuses. « Les plaisirs quotidiens aident à prévenir le déclin cognitif, augmentent la concentration, rendent plus créatif et améliorent la mémoire. Ils stimulent et développent les connexions des neurones entre eux et boostent votre cerveau ! », conclut le Dr Chaine.