Retour aux actualités

Augmentation de l'agressivité au quotidien

L’agressivité est très présente au quotidien : épidémie ou phénomène de société ? Deux sophrologues répondent…

L’agressivité à l’encontre de métiers institutionnels comme les policiers, les pompiers, ou encore dans certains services publics comme les bureaux de poste, est déjà fort connue. Aujourd’hui, la montée de diverses formes d’agressivité au sein de l’école inquiète. Et si elle se constate de plus en plus dans des lieux de soins comme les hôpitaux, comment imaginer une agression dans le calme d’une bibliothèque, et pourtant… c’est arrivé !

L’agressivité est très présente au quotidien 

Bousculade dans la rue, agression verbale, menaces, attitude au volant… Alors épidémie ou phénomène de société ?

L’agressivité, c’est tout d’abord une pulsion, une dynamique qui a sauvé l’Homme depuis la nuit des temps puisqu’elle se manifeste si un obstacle, une menace, apparait. Toutefois, elle doit être bien gérée dans le respect de chacun et  ne pas évoluer en agression ou en violence.

Or, de plus en plus d’individus semblent ne plus savoir canaliser cette énergie. Face à une peur souvent inconsciente (peur de la maladie par exemple) ou une situation de frustration (ne pas obtenir satisfaction à une demande), certaines personnes vont basculer de plus en plus aisément vers l’expression de mots blessants et d’actes parfois dangereux pour les autres et pour eux-mêmes.

Les raisons de cette agressivité sont multifactorielles. Si la situation de crise économique augmente significativement les tensions et exaspérations, les facteurs dits exogènes, soit l’environnement, influent beaucoup. Des études ont en effet démontré que la promiscuité, le bruit, une température inadaptée, un temps d’attente et une information non maîtrisée, peuvent favoriser ces pulsions agressives.

D’autre part, les facteurs endogènes (interpersonnels) jouent un rôle déterminant : l’éducation avec l’apprentissage de la frustration, les modes de communication, les différents vécus mais également l’hygiène de vie. En effet, le stress, la fatigue, un sommeil non récupérateur, peuvent colorer négativement des situations pourtant neutres à l’origine.

Une conscience de soi à travers la reconnaissance de ses émotions, va par ailleurs favoriser une réponse plus adaptée à l’agressivité d’autrui… et permettre aussi d’entendre la sienne ! La colère en particulier (le corollaire de l’agressivité) est l’une des émotions de base et un puissant moteur interne.

Si des méthodes de communication éprouvées permettent de tempérer des échanges, des techniques psycho-corporelles comme la sophrologie démontrent également toute leur efficacité car la colère s’exprime par le corps : crispation, cris, rougeur… or en agissant sur mon corps, j’agis sur mon émotion.

Ainsi, lors d’une discussion houleuse au travail ou ailleurs, s’accorder le temps d’un silence et d’une respiration abdominale calmante, favoriser un bon ancrage avec les pieds bien à plat au sol, vont concourir à notre stabilité intérieure et aider à transmettre un message posé et clair à son interlocuteur : je suis dans ma juste position pour communiquer. En effet, lors d’une communication, 55% du message est véhiculé par la gestuelle et 38% par l’intonation, soit 93% par le corps…

 

Et puis, peut-être se demander si l’enjeu d’une « bataille » répond réellement à mes besoins au regard de l’énergie dépensée dans une altercation et si des relations harmonieuses ne sont pas à prioriser…