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06/12/2018
Comment favoriser le bien-être au travail ?

Face à des entreprises dont le souhait est d’être toujours plus compétitrices, savoir manager n’est pas une évidence mais bien une discipline à part entière. La problématique du bien-être au travail est donc de plus en plus présente notamment à cause des exigences accrues que subissent les salariés. Cette interview des experts de l'Unafam et du Dr Carole Dodin donne les clés pour être plus heureux au travail malgré des conditions difficiles.

Comment peut-on mesurer le bien-être au travail ?

Dr Carole Dodin De nombreux critères existent pour apprécier les difficultés (RPS, Stress) au travail: absentéisme, turn over, de nombreuses grilles dont je vous éviterai la liste.
En ce qui concerne le bien être : quelques critères semblent se rapprocher du bien être : satisfaction personnelle, réalisation de soi, productivité, sentiment de contribution, relationnel harmonieux... et les salariés seront moins absents et moins tentés de quitter leur service, ou leur structure.

Vers qui je peux me tourner dans mon entreprise pour améliorer mes conditions de travail ?

Dr Carole Dodin : Chaque entreprise a son organisation propre. Et il est intéressant d’apprendre à la connaître. Depuis quelques années la prévention en tout genre existe dans la plupart des sociétés .

4 principaux relais auxquels vous pouvez vous adresser :

  • Le relais médico-social : Médecin du travail, infirmière, assistante sociale, psychologue du travail... sont là pour vous entendre et évaluer les améliorations à mettre en œuvre si elles perçoivent une réelle difficulté.
  • Le relais ressources humaines : Directeur RH, Responsables RH ( le métier s’est aujourd’hui vraiment professionnalisé et ceux ci ont une vrai conscience des problématiques et y sont formés ). Sans oublier les relais d’écoute ou « vigilants » qui peuvent exister dans différents services.
  • Relais organisationnel : Manager direct, ligne hiérarchique (n+2,n+3..).Pourquoi ne pas s’adresser à vos managers ? même s’ils rencontrent eux même souvent des difficultés, ils peuvent être vos premiers porte parole s’ils n’en sont pas eux même la cause .
  • Relais représentants du personnel : CHSCT, DP,CE , DS, inspection du travail.

Comment la réduction des effectifs, la recherche permanente d'une performance accrue peuvent être compatibles avec le bien-être au travail ?

Dr Carole Dodin : Une réduction d’effectif associée à une recherche de performance accrue n’est pas compatible avec un bien être au travail sans aménagement de l’organisation et adaptation de nos comportements. Ce contexte nous confronte à faire tout à moitié ou faire (bien) la moitié de choses, choix difficile ! Et en particulier pour certaines personnes particulièrement exigeantes envers elles mêmes ,  ou encore celles sensibles à satisfaire tout le monde, ce choix devient alors cornélien et souvent terriblement source de stress et de mal être.

Pour pallier ce mal être l’apprentissage de nouveaux comportements est indispensable :

  1. Mieux maîtriser son temps en arbitrant en permanence afin de savoir prioriser, plutôt que se ruer pour faire vite ce qui vous est demandé. Si tous les moyens temps, argent, matériel , collaborateurs nécessaires à la réalisation de tous nos projets étaient à notre disposition en abondance, nous serions dispensés de nous organiser . S’organiser c’est mettre en œuvre des comportements et des processus d’actions adaptés nous permettant de réaliser des projets malgré la rareté des moyens.
  2. La deuxième compétence à acquérir c’est savoir négocier, auprès de votre n+1, de vos collègues, d’autres services, afin de pouvoir mettre en œuvre ces fameux comportements et apprendre à notre environnement ce principe de priorité mais aussi le principe d’objectifs aux dimensions réalistes.
  3. La troisième sera de se maîtriser dans ses propres exigences, délimiter ses objectifs, apprendre à dire non.

 

Quelles sont des actions simples pour améliorer le bien-être au travail ?

Dr Carole Dodin : La qualité de vie au travail ou « bien être » (Well being) d’après l’OMS est : « …état de bien-être dans lequel la personne peut se réaliser, surmonter les tensions normales de la vie, accomplir un travail productif et fructueux et contribuer à la vie de sa communauté. »
On s’accorde pour dire que ce bien être a une composante organisationnelle, managériale, relationnelle et aussi individuelle non négligeable.

De ces différentes composantes, voici quelques conseils simples :

  • L’axe organisationnel ne vous concerne pas forcément et peut être n’avez vous pas de prise dessus ? Malgré tout, vous êtes en responsabilité de votre travail . Aussi n’hésitez pas à faire des retours afin que l’organisation puisse évoluer et ainsi être plus adaptée, plutôt que se lamenter sans rien dire.
  • Développer le sens au travail suppose de se poser les questions : « à quoi contribue mon travail ? Que m’apporte t-il ? Pourquoi je choisis de le faire (créer un lien entre présent et avenir, donner du sens peut rendre plus acceptables certaines contraintes).
  • Tenter de développer un relationnel équilibré dans la mesure du possible (ni hérisson, ni paillasson, mais dans l’écoute de l’autre et l’affirmation de ce qui vous importe) : avec son manager, avec l’équipe, avec les autres services. Ne laissez pas les conflits s’installer, préférez la confrontation aux non dits. Sachez exprimer vos ressentis, parler de vous, demander de l’aide, en proposer, dire non si nécessaire.
  • Mieux se connaître : Identifier les valeurs qui me font agir, mais se méfier de nos exigences qui peuvent nous nuire (perfectionnisme excessif, ne pas s’autoriser de respiration, vouloir faire plaisir à chacun sont individuellement très pourvoyeurs de mal être).
  • Autorisez vous des « breaks » et des moments de prise de recul.
  • Et surtout apprenez à vous remercier face au travail accompli. Peut être est ce la première étape pour avoir de la reconnaissance d’autrui ?