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La partie législative du nouveau Code de la Mutualité a été
publiée au Journal officiel du 22 avril 2001.
Elle est divisée en 6 livres et comprend au total 226 articles.
Le Livre I réunit les règles générales applicables aux mutuelles, unions
et fédérations. Ce livre comporte cinq chapitres.
Le chapitre Ier, relatif à l'objet des mutuelles, introduit des
dispositions nouvelles rendues nécessaires par les directives assurances
et modernise les dispositions actuelles du code de la mutualité. En ce
qui concerne les dispositions nouvelles issues du droit communautaire,
ce chapitre élargit le domaine d'intervention des mutuelles dans le
champ des activités assurantielles.
Il introduit également le principe de spécialité défini à l'article 8
(b) de la directive 73/239/CE du 24 juillet 1973. Il introduit donc la
séparation des activités d'assurance de celles de gestion de
réalisations sanitaires et sociales, dans des mutuelles dédiées (art. L.
111-3 et L. 111-4), tout en préservant des liens institutionnels entre
les deux types de structures.
Il ouvre également aux mutuelles pratiquant des opérations vie et
capitalisation la faculté de pratiquer des opérations maladie et
incapacité invalidité, conformément à l'article 13 de la directive
79/267/CE du 5 mars 1979.
Enfin, il reconnaît aux mutuelles dédiées à l'assurance complémentaire
santé la faculté de verser, dans certaines limites, des prestations en
nature (III de l'article L. 111-1). Le chapitre Ier redéfinit le rôle
des fédérations et leur donne la possibilité de créer des systèmes
fédéraux de garantie (art. L. 111-5 et L. 111-6).
Le chapitre II consacre les principes
mutualistes qui s'imposent à l'ensemble des organismes mutualistes et
assure la protection du terme « mutuelle » en cas d'utilisation
frauduleuse de ce label (art. L. 112-1 à L. 112-2).
Le chapitre III affirme le rôle souverain de
l'assemblée générale en matière de constitution, de fusion, de scission
et de dissolution (art. L. 113-1 à L. 113-4).
Le chapitre IV traite des règles de
fonctionnement communes à l'ensemble des mutuelles, unions et
fédérations. Il comporte sept sections respectivement consacrées aux
thèmes suivants.
La section 1 définit l'adhésion aux
organismes mutualistes et les droits et obligations de leurs membres
(art. L. 114-1 à L. 114-3).
La section 2 énumère les mentions qui devront
figurer dans les statuts des mutuelles, des unions et des fédérations
(art. L. 114-4 à L. 114-5).
La section 3 affirme la primauté de
l'assemblée générale en vue d'assurer une complète transparence
financière des organismes mutualistes à l'égard de leurs membres
participants et honoraires (art. L. 114-6 à L. 114-15).
La section 4 traite du rôle et du
fonctionnement du conseil d'administration (art. L. 114-16 à L. 114-20).
La section 5 améliore le fonctionnement
démocratique des organismes mutualistes en définissant précisément les
conditions dans lesquelles les administrateurs et, le cas échéant, le
directeur général exercent leurs fonctions : limitation du cumul de
mandats, limite d'âge, conventions réglementées. Elle dote également les
administrateurs mutualistes d'un véritable statut destiné à les
indemniser de leurs éventuelles pertes de gains professionnels et à
verser une rémunération à ceux d'entre eux qui exercent des fonctions
assimilables à celles exercées par les « mandataires sociaux » dans les
sociétés commerciales (art. L. 114-21 à L. 114-37).
La section 6 relative aux dispositions
financières et comptables renforce le contrôle interne des organismes
mutualistes en leur imposant de nommer des commissaires aux comptes qui
exercent leurs fonctions dans les conditions prévues par la loi no
66-537 du 24 juillet 1966 sur les sociétés commerciales (art. L. 114-38
à L. 114-46).
La section 7 regroupe les sanctions pénales
réprimant les infractions aux dispositions des chapitres Ier à IV (art.
L. 114-47 à L. 114-55).
Le chapitre V reprend les règles particulières fixées par l'actuel code
de la mutualité pour les organismes mutualistes à caractère
professionnel : mutuelles d'entreprise, mutuelles à caractère
interprofessionnel et mutuelles de militaires.
Le Livre II concernent exclusivement les
mutuelles et unions pratiquant des opérations d’assurance et de
capitalisation. Il comprend deux titres respectivement consacrés aux
règles de fonctionnement applicables aux groupements mutualistes
pratiquant des activités d'assurance (titre Ier) et aux règles régissant
les relations de ces groupements avec leurs membres participants et
honoraires (titre II).
Le titre Ier comporte trois chapitres :
Le chapitre Ier porte sur l'accès à l'activité d'assurance et sur les
conditions à remplir par les groupements mutualistes qui sollicitent un
agrément leur permettant d'intervenir en libre établissement et en libre
prestation de services dans l'ensemble des Etats parties à l'accord sur
l'Espace économique européen. Il transpose en droit interne les règles
des directives assurances et, conformément au principe posé par
l'article 3 de la directive 73/239/CE, dispense du respect des règles
prudentielles les groupements mutualistes qui ont conclu une convention
de substitution avec un autre groupement mutualiste qui pratique des
opérations de même nature.
Le chapitre II concerne le fonctionnement des groupements mutualistes
pratiquant des activités d'assurance. Il comporte quatre sections
respectivement consacrées au régime financier, comptable, à la création
de succursales dans un Etat partie à l'accord sur l'Espace économique
européen, aux règles particulières en matière de fusion, scission et
liquidation spéciale des entreprises d'assurance, et aux « sûretés » qui
grèvent l'actif mobilier (privilèges) et immobilier (hypothèque) des
groupements mutualistes qui font l'objet d'une procédure de liquidation
spéciale suite à un retrait d'agrément.
Le chapitre III instaure les sanctions applicables en cas de non-respect
des obligations prévues par le livre II.
Le titre II comporte six chapitres qui fixent le nouveau cadre juridique
régissant les engagements contractuels pris par les organismes
mutualistes pratiquant des opérations d'assurance et de capitalisation à
l'égard de leurs membres participants et honoraires (art. L. 221-1 à L.
226-1).
Le Livre III contient les dispositions
régissant les mutuelles consacrées exclusivement à la gestion des
réalisations sanitaires et sociales. Il comporte deux titres concernant
respectivement la constitution et le fonctionnement de ce type
d'organisme et son champ d'intervention. Le régime juridique de ces
organismes mutualistes reprend les dispositions existantes du code de la
mutualité en assouplissant les règles régissant leur création. En effet,
ces groupements acquièrent la personnalité morale lorsqu'ils satisfont à
trois conditions : tenue d'une assemblée générale constitutive, respect
des règles d'activités applicables à leur champ d'intervention et
inscription au registre national des mutuelles.
Le livre IV
concerne les organes administratifs de la mutualité. Il comporte
trois titres respectivement consacrés :
- au Conseil supérieur de la mutualité, qui
se voit assigner de nouvelles missions consultatives notamment en
matière d'agrément, de bonnes pratiques applicables à l'activité et au
fonctionnement des mutuelles et de gestion du registre national des
mutuelles ainsi qu'aux comités régionaux de coordination de la mutualité
qui remplacent les comités départementaux et élisent les représentants
des organismes mutualistes au Conseil supérieur de la mutualité (titre
Ier) ;
- à l'incitation à l'action mutualiste, qui
reprend les dispositions existant dans l'actuel code de la mutualité
concernant les missions et les conditions de fonctionnement du fonds
national de solidarité et d'action mutualistes (titre II) ;
- au fonds de garantie destiné à indemniser
les assurés mutualistes en cas d'insolvabilité d'une mutuelle ou d'une
union pratiquant des opérations d'assurance et qui intervient à titre
subsidiaire, après l'intervention des systèmes fédéraux de garantie
(titre III).
Le Livre V
concerne le contrôle des mutuelles par une autorité
administrative indépendante, dénommée commission de contrôle des
mutuelles et des institutions de prévoyance. Cette dernière
exercera un contrôle sur l'ensemble des groupements mutualistes
quelle que soit leur activité (assurances ou gestion de
réalisations sociales ou systèmes fédéraux de garantie) et
disposera de pouvoirs identiques à ceux de la commission de
contrôle des assurances sur les groupements pratiquant des
activités d'assurance. Elle disposera également, sur les
mutuelles dédiées aux réalisations sanitaires et sociales, de
pouvoirs identiques à ceux qui lui sont reconnus par le code
actuel : nomination d'administrateurs, transfert d'un
établissement sanitaire ou social à un autre organisme
mutualiste, liquidation de l'établissement (art. L. 510-10).
Le Livre VI
précise que les dispositions du code de la mutualité sont
d'ordre public et qu'en l'absence de dispositions législatives
contraires, ses modalités d'application sont fixées par décret
en Conseil d'État.
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