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13/02/2017
Réveiller la mémoire par les odeurs

L’olfactothérapie, qui repose sur le lien existant entre les odeurs et les souvenirs, est aujourd’hui utilisée dans plusieurs hôpitaux pour aider les patients traumatisés crâniens, les victimes d’AVC et les malades d’Alzheimer atteints de troubles de la mémoire ou du langage.

En 2001, à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine), le Cosmetic Executive Women (CEW) ouvre son tout premier atelier olfactif baptisé « Sentir pour mieux se souvenir ». L’idée de Marie-France Archambault, ancienne psychomotricienne et initiatrice du projet, est d’utiliser les odeurs du quotidien pour éveiller les souvenirs des patients suivis au sein du centre de médecine physique et de réadaptation. « L’odorat est directement lié au système limbique, le siège des émotions dans le cerveau, et fait passer la mémoire avant l’analyse, explique Patty Canac, olfactothérapeute pour le CEW. L’olfaction permet d’accéder aux souvenirs plus rapidement que les autres sens : l’odeur qui va vous rappeler un événement vécu vous projette tout de suite dans une scénographie particulière, c’est presque instantané. »
Quinze ans après la création du premier atelier, les bons résultats de l’association ont encouragé d’autres établissements hospitaliers à faire appel à ses services : le CEW gère aujourd’hui quatorze ateliers olfactifs, dans neuf structures. Elle suit de nombreuses personnes en rééducation neurologique, des patients atteints de troubles cognitifs (troubles mnésiques, de la concentration, de l’élocution), des victimes d’AVC ou de traumatismes crâniens, des malades du cancer, d’Alzheimer ou encore des adolescents en souffrance. « Ces ateliers permettent également un travail plus ludique, dirigé vers l’hédonicité et le plaisir, ainsi qu’une ouverture vers l’extérieur, ajoute Patty. Quand on est hospitalisé longtemps, cela aide beaucoup. »

Stimuler l’activité cérébrale

Concrètement, le patient est adressé aux ateliers par le corps médical de l’hôpital avec un objectif précis qui peut être mémoriel, langagier ou d’évasion. Il s’agit toujours d’encourager et de stimuler l’activité cérébrale. « Nous travaillons main dans la main avec les blouses blanches, poursuit Patty. Lorsqu’un patient nous est adressé, nous prenons connaissance de son dossier, de son histoire et mettons en place des stratégies bien définies. Par exemple, l’orthophoniste va travailler la mémoire visuelle de la personne sur des images de lieux qu’elle connaît et je vais travailler sur les odeurs qu’elle aurait pu y croiser. On essaie de se rapporter à quelque chose de vécu. »
La mallette olfactive utilisée par les deux olfactothérapeutes du CEW, constituée avec le fabricant de parfums et d’arômes alimentaires IFF (International Flavors & Fragrances), contient de très nombreuses possibilités. « Nous avons des odeurs de mer, de forêt, de piscine, de montagne, mais aussi des odeurs d’aliments, de bonbons, de gâteaux, de viande ou de poisson », précise Patty. Lors des ateliers individuels, l’olfactothérapeute fait sentir une petite bande de papier buvard imprégnée au patient. Ce dernier n’a pas à nommer l’odeur, il est simplement invité à partir à la recherche du souvenir qui lui est lié. Peu à peu, il se réapproprie son passé et se situe ainsi plus facilement dans le présent. Les ateliers peuvent aussi être collectifs. Dans ce cas, les odeurs sont davantage utilisées pour susciter la prise de parole, les échanges et le dialogue entre les patients.

Sources : FNMF-Delphine Delarue-Shutterstock