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03/07/2017
Arthrose : des traitements « naturels » pour soulager les douleurs

Cou, genou, hanche, épaule, doigt…, toutes les articulations du corps peuvent être touchées par l’arthrose. Cette maladie, qui se caractérise par la dégradation des cartilages situés autour des articulations, fait souffrir près de dix millions de Français. Si elle sévit particulièrement chez les personnes âgées, elle n’épargne pas pour autant les plus jeunes. Pour soulager les douleurs arthrosiques, que valent les méthodes « naturelles » ?

En France, près de la moitié des 10 millions de personnes atteintes d’arthrose ont moins de 60 ans. C’est la maladie articulaire la plus répandue et la première cause de handicap après 40 ans, car les douleurs dues à l’inflammation des zones articulaires entraînent à la longue une perte de mobilité. L’arthose ne se guérit pas, mais pour ralentir son évolution et limiter les symptômes, neuf personnes atteintes sur dix se disent à la recherche de solutions pour soulager la douleur et beaucoup se tournent vers les médecines alternatives pour restreindre la prise de médicaments (antalgiques, anti-inflammatoires, corticoïdes). « Le rhumatologue n’est souvent consulté qu’en deuxième intention », confirme Eric Senbel, rhumatologue à Marseille et président du Syndicat national des médecins rhumatologues (SNMR), qui précise que « les “petits arthrosiques”, ceux qui connaissent une arthrose débutante, privilégient plutôt les compléments alimentaires aux médicaments ».

Les compléments alimentaires

« L’objectif de vouloir réduire les anti-inflammatoires est louable et certains compléments alimentaires tels que la chondroïtine sulfate, le glucosamine ou les granions de cuivre peuvent être utiles lorsqu’ils sont utilisés sur le long cours », reconnaît Eric Senbel. En tant que scientifique, le médecin rhumatologue ne donne son avis que sur les produits « dont les bénéfices sont prouvés » et à condition, bien entendu, « qu’ils soient compatibles avec la santé ou le traitement du patient ». Cependant, « même si les bénéfices sont modestes », le spécialiste souligne l’efficacité du glucosamine ou de la chondroïtine, « évalués sur la base d’études et qui présentent des propriétés anti-inflammatoires comparables à celles des médicaments ». Il signale par ailleurs « un effet placebo non négligeable ».
Le docteur Senbel met aussi ses patients en garde contre la tentation de piocher sans discernement dans le rayon « compléments alimentaires » du pharmacien, car les produits sont nombreux et parfois « farfelus » : « On trouve de tout. Cela va de l’huile de krill (plancton des mers froides formé de petits crustacés, NDLR) au cartilage de requin. En tant que médecin et scientifique, je ne peux que conseiller la modération. En plus d’être inutiles, ces produits sont souvent chers », prévient-il.

La phytothérapie

Certaines plantes, comme le cassis, l’harpagophytum, appelé aussi griffe du diable, ou encore le curcuma, sont reconnues pour leurs vertus anti-inflammatoires. « Elles ont l’avantage de réduire la prise de médicaments qui peuvent provoquer des effets secondaires », explique Elodie Poudroux, qui exerce à Toulouse comme praticienne en santé naturelle et en médecine énergétique chinoise. Lors de la première consultation, cette professionnelle, qui reçoit « beaucoup de patients souffrant de douleurs au niveau des articulations, hanche, épaule, genou, dos… », fait un bilan complet : « Je les interroge sur les différents troubles de santé qu’ils peuvent connaître, je cherche les déséquilibres dans le corps, je les questionne sur leur hygiène de vie, leur alimentation », détaille-t-elle. Elle leur prescrit ensuite des complexes de plusieurs plantes sous forme de compléments (gélules), mais leur conseille également « d’arrêter les produits laitiers, de limiter les viandes rouges, grasses, comme les charcuteries, car elles produisent beaucoup de toxines qui viennent s’accumuler au niveau des articulations ».
Hormis les plantes aux propriétés anti-inflammatoires, Elodie Poudroux en préconise d’autres, comme la prêle, riche en silicium, ou le bambou, tous deux « bénéfiques pour les tissus de soutien, les os et les cartilages par leur effet à la fois reminéralisant et antidouleur ». En raison des minéraux qu’elle contient, l’ortie fait aussi partie de la liste des plantes intéressantes « pour maintenir la vitalité des articulations », selon la phytothérapeute. « Le lithothamne, une algue anti-acide, apporte du calcium et du magnésium végétal », complète-t-elle, en insistant sur l’importance de « vérifier qu’il n’y ait pas d’interactions entre les plantes et un traitement pour d’autres pathologies ». Elle recommande enfin les bourgeons de plantes (gemmothérapie), comme ceux du cassis pour la santé des muscles, du pin pour le cartilage articulaire, du frêne ou encore du bouleau verruqueux, présentés sous forme de gouttes à répartir tout au long de la journée. En renfermant, au stade embryonnaire, toutes les parties de la plante (de la sommité aux racines), le bourgeon cumule en effet les diverses propriétés de cette dernière.

L’aromathérapie

Utilisées en massages, certaines huiles essentielles, comme celles de gaulthérie, d’eucalyptus citronné et d’épinette noire, par « leur action à la fois analgésique (antidouleur) et anti-inflammatoire », participent à diminuer la douleur, indique Elodie Poudroux, qui précise qu’« il faut surtout compléter avec des plantes qui vont drainer l’organisme, les articulations, pour favoriser l’élimination des toxines ».

L’homéopathie

Même si une étude menée en 1993 a démontré que Rhus toxicodendron, une plante utilisée en homéopathie, obtenait de meilleurs résultats qu’un placebo, les avis sont partagés sur cette médecine douce, car son efficacité n’est pas prouvée et semble être très variable selon les patients. L’homéopathie étant sans danger, pourquoi ne pas essayer ? Il faut toutefois savoir que les traitements sont spécifiques selon que l’on est atteint d’arthrose au niveau du pouce, du genou, du talon…

Si toutes ces solutions « naturelles » peuvent diminuer les douleurs, elles ne ne soigneront malheureusement pas l’arthrose, qui poursuivra inexorablement son évolution. L’infiltration de cortisone reste un moyen vraiment efficace pour réduire les douleurs lorsqu’elles deviennent trop difficiles à supporter. Les injections d’acide hyaluronique, essentiellement pratiquées pour l’arthrose du genou, procurent aussi un soulagement et permettent peut-être de retarder l’opération chirurgicale (prothèse) lorsque les cartilages et les os sont plus atteints. Malheureusement, l’injection d’acide hyaluronique n’est plus remboursée par la Sécurité sociale depuis le 1er juin 2017, une situation que déplorent médecins et patients.

Sources : FNMF-Isabelle Coston-Shutterstock